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Je t'adresse cette lettre à ma majorité... Bien que celle-ci soit déjà bien entamée, j'ai dû l'attendre pour pouvoir commencer ma réelle quête, la fin de mon identité... savoir qui tu es et j'espère, un jour pouvoir avoir une réponse à toutes mes questions... OUI, je suis bien cette gamine née le mardi 27 juin 1989 à CAEN. Mon prénom est Mélodie B. et génétiquement, je suis ta fille. Je ne t'apprends rien... mais toi, tu ne m'as rien appris et tu m'as laissé sans présence paternelle durant 18 ans et 9 mois. Cela faisait pas mal de temps que j'y songeais... T'écrire... Ne pas le faire? Comment vas-tu le prendre? Ta réaction ? Tout cela je n'en saurai rien. J'aurai voulu venir à ta porte, te voir au moins une fois dans ma vie, savoir à cause de (ou bien grâce à) qui j'existais. J'aurai voulu avoir une vie stable, connaître mes deux parents (même divisés) aller en vacances chez l'un ou chez l'autre, avoir un confident, avoir un homme dans ma vie, l'avoir comme modèle, en être fière, le présenter à mes ami(e)s, à mon conjoint. Au lieu de cela, j'ai du vide. A la question "que fait votre père comme profession?" j'écris "Je ne le connais pas." A la fête des pères, j'offrais des cadeaux à ma s½ur. Je la surnommais "grande-s½ur-papa". Pourquoi ne connais-je pas le mot "papa" dans mon dictionnaire? Pourquoi parfois, je te déteste? Alors, qu'ensuite, j'me raisonne, puisqu'après tout, tu ne m'as rien fait... Et en même temps, c'est pour cela que je t'en veux. Pourquoi est-ce que j'existe, alors que sur mon carnet familial les renseignements du "Père" sont vides? C'est vrai après tout, pour naître un enfant est au départ, un ovule fécondé, en soit, l'alliance d'un ovule et d'un spermatozoïde, d'un père et d'un mère ! De l'amour de deux êtres qui se sont réunis pour ne formé qu'un... Pourquoi à l'adolescence profonde, je pensais à toi? Pourquoi parfois, je pleure, alors que ça ne sert à rien. Je ne te connais pas. Et tu ne me connais pas. Pourquoi as-tu été si lâche? Pourquoi ne m'as-tu pas reconnu? Pourquoi est-ce que je souffre tous les jours de ton absence bien que je ne te connaisse pas? Pourquoi n'as-tu pas essayé de me retrouver? Comment dois-je appeler quelqu'un qui m'a abandonné? Que dois-je penser de cet être humain? Devrais-je l'appeler "Papa"? Simplement Stéphane? Ou ne pas le nommer? Puisqu'une personne digne d'une âme, n'abandonnerait pas son enfant, sans remord, ou sans essayer après un certain temps, ESSAYER de le retrouver ! Tu savais où vivait ma mère, elle me l'a dit, elle t'a donné notre adresse ! Elle n'a pas changé de quartier pour sa fille ! Elle s'est opposée à la destruction de l'immeuble du quel tu avais l'adresse... Elle s'est battue pour rester dans ce même quartier, pour m'élever comme une personne bien, en essayant de ne me faire manquer de rien. Surtout pas de toi. Et pourtant, elle n'a pas réussi. Mon désir fut plus fort que tout, retrouver mes origines et ce, malgré l'abandon. Malgré le fait d'avoir un géniteur inconnu. Pourquoi faire un enfant désiré, si c'est pour l'abandonner ensuite? Ai-je réellement été un enfant désiré pour toi? Pourquoi faire tant de mal à un petit être qui ne t'a rien demandé. Je ne t'ai rien demandé, Toi, tu m'as fait la plus grosse des blessures que l'on puisse faire à un être humain. Pourtant malgré ce fait, je l'impression que je t'aime quand même. Te pardonner? Comment? Est-ce réellement à moi de faire le premier pas? Est-ce réellement à moi de devoir m'investir pour essayer de te retrouver? Est-ce à moi que ce fardeau est attribué? Le fardeau de devoir retrouver des origines qui devraient m'être familières, pourquoi n'as-tu pas essayer de t'occuper de moi durant des vacances? Des week-ends, des semaines? Est-ce si mauvais que cela un enfant? Est-ce un si grand fardeau? Contrairement à moi, qui aies souffert de ton absence, de ta fierté masculine, de ne pas te voir. Quoi, j'étais si horrible pour que tu ne veuilles pas me garder au près de toi? Je suis si horrible? J'avais un destin tout tracé pour que tu fasses cela? J'ai du me construire l'image d'un père seule. Un père invisible, qui n'était jamais là. Trop absorbé par son travail ou bien qui ne voulait pas me voir parce qu'il ne m'aimait pas. C'est joyeux hein ? Qu'ai-je fais pour mériter cela? Je me suis contentée de naitre, à croire que c'était quelque chose de trop.
Puisque des filets nous retiennent
Puisque nos raisons nous enchaînent
Que rien ne brille sous nos remparts
Et puisqu'on n'atteint pas le ciel
A moins de s'y brûler les ailes
Et suivre les routes où l'on s'égare
Comme on dresse un étendard
A corps perdu, ivre et sans fard
Pour n'être plus le pantin d'un espoir
Et si la vie n'est qu'une cause perdue
Mon âme est libre d'y avoir enfin cru
A corps perdu
Puisque les destins sont les mêmes
Que tous les chemins nous ramènent
A l'aube d'un nouveau départ
On n'apprend rien de nos erreurs
A moins de s'y brûler le coeur
Je suivrai les routes où l'on s'égare
Comme on dresse un étendard
A corps perdu, ivre et sans fard
Pour n'être plus le pantin d'un espoir
Et si la vie n'est qu'une cause perdue
Mon âme est libre d'y avoir enfin cru
A corps perdu
A corps perdu
A corps perdu j'écrirai mon histoire
Je ne serai plus le pantin du hasard
Si toutes les vies sont des causes perdues
Les hommes meurent de n'avoir jamais cru
De n'avoir pas vécu ivres et sans fard
Soldats vaincus pour une guerre sans victoire
Et si ma vie n'est qu'une cause perdue
Je partirai libre d'y avoir au moins cru
A corps perdu
A corps perdu...